Les complémentaires santé préparent leurs tarifs 2027, et les signaux convergent vers une hausse marquée, en particulier sur les contrats collectifs d’entreprise. Entre une taxe reconduite par le projet de budget, des transferts de charges de l’Assurance maladie vers les mutuelles et des dépenses de santé qui accélèrent, les ingrédients d’une augmentation sensible des cotisations sont réunis. Voici ce que l’on sait, chiffres sourcés à l’appui, et ce que vous pouvez anticiper dès maintenant.
Plan de l'article
Une hausse médiane de 8 % attendue sur les contrats d’entreprise #
Selon le cabinet d’actuariat Addactis, cité par Sidecare, la hausse médiane des cotisations atteindrait +8 % pour les mutuelles d’entreprise en 2027, ce qui en ferait la plus forte progression depuis 2023. Le même cabinet anticipe une progression d’environ 7 % des prestations versées, autrement dit des remboursements que les organismes devront financer.
Derrière ces pourcentages, un mouvement de fond : quatre décrets publiés le 21 août 2026 réduisent la part remboursée par l’Assurance maladie sur plusieurs postes, dont le dentaire et l’optique. La Mutualité Française évalue ces transferts de charges vers les complémentaires à environ 1,5 milliard d’euros, toujours d’après la même source. Ce que la Sécurité sociale ne rembourse plus, les mutuelles le prennent en charge, et le répercutent mécaniquement sur les cotisations.
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La taxe de 2,05 % reconduite, sans gel des tarifs cette fois #
L’autre dossier chaud se joue au Parlement. Comme le détaille JeChange, la contribution exceptionnelle de 2,05 % prélevée sur les complémentaires santé depuis 2026 est reconduite pour 2027 dans le projet de budget, avec un rendement attendu de 1,1 milliard d’euros.
La différence avec l’an dernier est de taille : le gel des cotisations qui accompagnait la première version de la taxe ne figure plus dans le texte. Rien n’interdit donc aux organismes d’intégrer cette contribution dans leurs tarifs 2027. Cette taxe s’ajoute à la taxe de solidarité additionnelle de 13,27 % : au total, 15,32 % de prélèvements pour 100 euros de cotisation hors taxes.
Prudence toutefois sur le calendrier : le texte n’est pas voté. Les parlementaires peuvent encore modifier ou supprimer la mesure, et le vote final est attendu en décembre. C’est l’avis d’échéance envoyé en fin d’année qui fixera votre tarif réel.
Qui paiera quoi : salariés, employeurs, indépendants #
Sur un contrat collectif, la facture se partage entre l’employeur, qui finance au moins la moitié de la cotisation, et le salarié, qui voit sa part prélevée sur la fiche de paie. Une hausse de 8 % se traduit donc deux fois : un coût social supplémentaire pour l’entreprise, et quelques euros de plus chaque mois pour le salarié, sans qu’aucun des deux n’ait signé quoi que ce soit de nouveau.
Les indépendants et les retraités en contrat individuel ne sont pas épargnés : les transferts de charges d’août et la taxe reconduite pèsent sur l’ensemble du marché. Leur levier est en revanche plus direct, puisqu’ils peuvent remettre leur contrat en concurrence à tout moment après la première année, grâce à la résiliation infra-annuelle.
Trois réflexes à avoir avant la fin de l’année
D’abord, lire l’avis d’échéance dès réception, en comparant la cotisation 2027 à celle de 2026, poste par poste : la hausse globale masque parfois un renchérissement ciblé sur l’optique ou le dentaire que vous n’utilisez pas.
Ensuite, vérifier l’adéquation des garanties. Beaucoup d’assurés paient des niveaux de couverture surdimensionnés ; un contrat ajusté absorbe souvent la hausse à garanties utiles constantes. Enfin, pour les employeurs, c’est le bon moment pour faire auditer le contrat collectif : à l’échelle d’une masse salariale, 8 % d’écart justifient largement une mise en concurrence accompagnée par un courtier, avant que les tarifs 2027 ne soient verrouillés.




